Arrrangement

Thunderclouds : arrangement pour harmonie

Il y a quelques semaines je vous avais proposé de choisir mon prochain délire. Si si, ici : A star is born, nouvel arrangement.

Donc, pour une fois, ce n’est pas moi qui ai choisi le morceau de départ. Vous voulez voir ce que ça donne ? Suivez-moi !

Dans les deux propositions qui m’ont été faites, j’ai choisi de prendre Thunderclouds de LSD. L’autre, ça sera pour une prochaine fois. Vous ne connaissez pas ? Prenez le temps de l’écouter avant de passer à la suite :

LSD – Thunderclouds (Official Video) ft. Sia, Diplo, Labrinth

Thunderclouds : le choix des instruments

Comme pour A star is born, ma première question a été :  quel instrument pour le chant, sachant qu’il y a trois voix ?

Une voix de femme, j’ai presque envie de dire facile : on va prendre la flûte. Léger et aérien, il se prête parfaitement à ce travail.

Deux voix d’homme. Là aussi le choix a été rapide : clarinette et saxophone alto. Encore une fois, la tessiture m’a semblé bien correspondre.

Et le reste de l’orchestre ? C’est là qu’arrivent les choix qui me déplaisent plus. Comment répartir l’accompagnement ? Dans la version originale, on peut entendre des choeurs, de la guitare, un peu de cuivre et de la batterie. Pour la percussion, c’est facile : on lui laisse sa partie. Les accords de la guitare et parties de cuivre seront à répartir entre les musiciens. Enfin, pour les voix, le son clair de la  trompette s’est vite imposé à moi.

Thunderclouds : les voix de chant

Pour commencer, j’ai d’abord relevé les chants. En effet, c’est le plus simple au démarrage car c’est la partie la plus en avant. L’avantage ici est que les différentes voix sont séparées, ce qui m’a beaucoup facilité l’écoute.

Après (je ne vais pas compter) d’années de solfège, je prends enfin du plaisir à retranscrire ce que j’entends. Pour moi, la dictée de notes a toujours été une vraie torture. À croire que l’intérêt de l’exercice “à l’époque” n’arrivait pas jusqu’à moi. Aujourd’hui ce ne sont juste des morceaux de phrase musicale quelconque à retrouver, mais bien des morceaux qui me donnent envie de le faire. À bon entendeur… 

Bon, pour ce qui est de la rythmique, ça a toujours été mon grand dada, ça ne changera pas !

Thunderclouds : l’accompagnement

Dans l’accompagnement, je considère trois choses : la voix de guitare, les cuivres et les choeurs.

Dans un premier temps, comme je l’ai dit précédemment, les choeurs sont à la trompette. En effet, je trouve que ça permet de les faire ressortir et de s’imposer naturellement.

Ensuite, les accords de guitare. Choisir une chanson actuelle écrite pour ensemble classique (en bref chant/guitare(s)/batterie) m’oblige encore une fois à me frotter aux accords. En effet, je n’avais pas eu ce problème avec Rescue me qui, étant écrit pour un orchestre, même différent, permettait, selon moi, d’y voir plus clair. Mais c’est une question de goût.

Revenons à nos moutons. Ce passage est réparti entre : clarinette, clarinette basse, saxophone ténor, saxophone baryton et euphonium. Pourquoi eux ? Il faut savoir que je me base sur les harmonies que je fréquente, d’où l’absence de certains instruments comme le hautbois.

Encore une fois il m’a fallu décortiquer le travail. D’abord les voix de clarinettes qui me venaient plus facilement à l’oreille. Ensuite les saxophones, avec des jumelages entre eux et la clarinette basse. Pour finir, l’euphonium (ou tuba) pour remplir les basses et permettre un son plus rond.

Enfin, à la fin de la musique originale, on peut entendre des cuivres. La trompette représentant déjà dans ma tête les choeurs, j’ai préféré mettre cette partie à d’autres instruments. Tant qu’à faire, autant occuper ceux qui n’ont plus grand chose à faire : la clarinette et le sax alto

N.B. : il y a deux voix de clarinette sib, la première qui réalise le chant et la seconde qui parfait l’accompagnement.

À ce moment là, j’ai déjà passé 6h dessus, ça ressemble à :

Thunderclouds

Thunderclouds : la percussion

Alors oui, je vous l’ai dit plus haut, j’adore le rythme. Mais l’écriture des parties de batterie me semble la plus compliquée. Je m’explique.

Même si retranscrire la rythmique en tant que telle m’est plutôt facile, reste à voir quelle partie de la batterie utiliser. Je ne suis pas assez familière avec cet instrument pour que ça me vienne facilement.

Là j’ai la chance d’utiliser un logiciel et de ne pas devoir tout faire à la main. Pourquoi ? Parce qu’il me propose des sons, ce qui m’aide à sélectionner ce que je pense le plus près.

Aussi, je me suis renseignée, il n’y a pas vraiment de nomenclature pour les parties de percussion. Les bases utilisées dans les méthodes d’apprentissage n’étant pas universelles. Voilà, voilà, je trouvais déjà ça galère ! Alors comment fait-on ?

Il y a des bases tout de même, je vous rassure. Comme pour tout, ce qui sonne plus grave sera sur le bas de la portée et plus aiguë vers le haut. Mais attention, ce peut être une portée à une ligne en fonction de ce qu’il y a à écrire ! Vous avez déjà mal à la tête ? Je vous rassure, moi aussi. Il faut savoir aussi que les têtes de note permettent de représenter des sons : le rond pour les toms, les croix pour les cymbales, etc…

Enfin, pour permettre aux musiciens de comprendre au mieux ce que vous voulez, il est conseillé de tout noter (le nom du tom quand vous en ajouter un nouveau par exemple) ou alors de faire une légende en début de partition.

Si ça vous intéresse, je vous conseille vivement de vous rapprocher d’un percussionniste aguerri, c’est passionnant !

Thunderclouds : nuances et articulations

Je ne sais pas comment procèdent les autres, mais je préfère ne m’atteler aux nuances et à l’articulation qu’après avoir retranscrit toutes les voix. Pourquoi ?

La première raison est que je trouve plus aisé d’équilibrer les voix entre elles une fois qu’on les a toutes. Cela permet aussi de faire des tests (encore une fois merci musescore !). Je trouve cette partie du travail plus reposante. En effet, il est plutôt aisé de savoir quelle partie mettre en avant par rapport aux autres.

Enfin, la musique c’est de l’expression, du phrasé. Écouterait-on parler une personne au phrasé plat et monotone ? Sûrement pas, alors ici c’est pareil. Piqué, louré, lié, … tout cela n’a plus de secret pour vous. Si ? Alors venez ici : Les articulations. C’est là qu’arrive vraiment le relief du morceau.

Thunderclouds : une mise en page

Voilà, j’ai enfin mon morceau devant moi. Une belle partition de 10 voix sur 16 pages. Si je donne ça à tout le monde, trois problèmes : ça va me coûter cher en photocopie, ça va être difficile à lire pour les musiciens, ça va être difficile à faire tenir sur les pupitres. Alors c’est le moment d’extraire les parties et de remettre chacune dans sa tonalité propre (vous savez, les instruments transpositeurs).

Encore une fois, il suffit de le demander (gentiment s’il vous plaît) au logiciel. Ici vous pouvez aussi choisir de réunir des parties par ensemble d’instruments. Dans notre cas, ce n’est pas utile, mais pour des partitions plus compliquées, ça peut permettre un travail détaillé des pupitres facilité.

Fini le suspense, voilà ce que ça donne :

Thunderclouds : final

Merci pour vos avis constructifs et surtout, n’hésitez pas à me donner d’autres challenges.

Musicalement

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