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Métronome et tempo

Visuel, mécanique ou électronique, c’est l’instrument pratiqué par tous les musiciens. Vous l’avez trouvé ? C’est que vous devez en utiliser un. Je parle bien-sûr du métronome.

Pour vous c’est un engin de torture, il ne sert à rien et ne tape jamais comme il faut ? Vous l’avez laissé bien au fond de votre sac de partition depuis des années ?

Il est grand temps de se réconcilier avec le métronome  ! Nécessaire au travail, il va devenir votre meilleur ami.

Le métronome, pourquoi, comment ? Suivez-moi.

Le métronome : c’est quoi ?

Le métronome est un instrument de torture créé au XVIIIème siècle et prévu pour harceler les musiciens du monde entier jusqu’à les rendre fous… Bon, c’est presque ça mais pas tout à fait.

À l’origine le métronome était une machine visuelle. Pour nous ce n’est pas instinctif mais vous allez voir, c’est facile à comprendre. Son créateur est parti d’une constatation simple : quelle que soit l’ampleur du balancement, un poids sur une corde passera à la verticale de manière régulière. Ou plus simplement, si on fait balancer un plomb au bout d’un fil, il prendra toujours le même temps pour retourner à la verticale. Aussi, plus la corde sera longue et plus le temps d’oscillation sera rapide.

De là, on fabrique de grands métronomes de deux mètres. Comme il est muet, il n’est pas question de jouer en même temps que lui mais juste de prendre la pulsation. Pour cela, on regarde quand le fil est aligné à la verticale.

Par la suite, un horloger hollandais, D.N. Winkel, a transformé ce système visuel en métronome à battements. Vous en avez sûrement déjà vu. Ceux sont les métronomes à balancier. Celui-ci marche sur le même principe, le poids se trouvant au bas d’une tige en métal. L’horlogerie lui permet de garder une force constante et de ne pas s’arrêter en cours de route. Là encore il suffit d’ajuster le curseur afin de modifier le tempo désiré.

Mais qu’est-donc qu’un tempo ?

Le métronome : entendre le tempo.

Simplement, le tempo est la vitesse à laquelle est joué un morceau. Il se compte en battements par minute (bpm). Par exemple, une horloge bat à 60 battements par minute. En effet, il faut bien 60 secondes pour faire une minute.

De même, un tempo est indiqué pour une figure rythmique précise. Je vous entends d’ici, c’est facile.

De manière générale et faute de précision spécifique, la pulsation sera donnée à la noire. Dans le cas de notre 60, il y aura donc 60 noires en une minute. Mais le tempo peut aussi bien être noté à la croche ou à la blanche. Notre 60 à la croche donnera 30 noires, alors qu’à la blanche il y en aura 120. Avec la musique il faut aimer les mathématiques.

Pas de panique si ce n’est pas votre fort, les compositeurs ne cherchent pas midi à quatorze heures et indiquent toujours la battue la plus intuitive pour le morceau donné.

Et notre métronome dans tout ça ?

Le métronome : pourquoi l’utiliser ?

Nous sommes d’accord, la musique est un art et demande une interprétation, un ressenti du musicien. Par contre elle est très rigoureuse. En effet, jouer Seven Nation Army de The White Stripes au tempo de 9 crimes de Damien Rice donnerait un effet complètement différent. Attention, je ne dis pas là que c’est impossible. En effet, il y a des interprétations au tempo très éloigné de l’original qui sont aussi intéressantes, mais ce n’est pas la question.

De là l’utilisation du métronome. En effet, lors du travail d’une partition, pour acquérir la régularité nécessaire, il est important d’avoir un métronome. À vous d’en choisir la vitesse de réalisation, mais il vous permettra de ne pas accélérer ou ralentir en fonction de la difficulté de votre morceau. Oui oui, je vous ai entendu !

Bien sûr vous ne jouerez pas toujours avec le métronome, il n’est là qu’en outil d’apprentissage. Une fois que vous êtes à l’aise avec votre morceau à la vitesse que vous désirez vous pourrez l’arrêter. Et maintenant, à vous d’interpréter. Là ce ne sera plus la complexité d’un passage qui va modifier votre manière de jouer, mais bien ce que vous voulez faire ressentir.

D’accord, mais comment ça marche ?

Le métronome : comment l’utiliser ?

Pour ce qui est de comment l’utiliser, nous en avions déjà parlé dans Comment jouer une partition au tempo demandeé ? Nous allons quand même faire un petit rappel, parce que ça ne mange pas de pain.

Le plus important à mon sens est de ne pas partir bille en tête à la vitesse indiquée. En effet, il est important de se familiariser avec le morceau, les passages plus techniques ou plus chantant, de le comprendre. Pour ça, vous allez commencer par un tempo lent auquel vous êtes parfaitement à l’aise tout au long du morceau. Oui, tout au long, pas que sur le passage facile du début ! Pas de triche.

Une fois que la musique coulera de vos doigts, que vous aurez dompté toutes les petites choses qui font que ce morceau est beau, et seulement là, vous allez accélérer. STOP ! Pas comme des fous ! En effet, le mieux est de monter en tempo petit à petit, 3 à 5 battements minutes à la fois. Oui, ça sera plus long, mais comme on dit chez moi : Si tu veux aller vite, prend ton temps. Ne passez jamais à la vitesse supérieure avant de maîtriser celle actuelle, ça serait contre-productif et décourageant.

Aussi, recommencez chaque séance de travail à un tempo quelques battements inférieurs pour permettre de vous remettre dans le bain facilement. Cela permet de se chauffer, de retrouver les automatismes de manière positive.

À vous les prestos enflammés et les andantes doucereux. Comment ? Vous ne comprenez pas ces appellations, alors continuons.

Le métronome : les indications de tempo.

Comme ça serait trop facile d’avoir toujours une indication métronomique claire, noire = 80, la musique marche avec des indications de tempo qui laissent place à l’interprétation de chacun. Encore faut-il savoir ce qu’elles veulent dire. Pas de soucis, les voilà :

Grave (très lent) : < 40 bpm

Largo (large) : 40/60 bpm

Lento (à l’aise) : 60/80 bpm

Adagio (allant) : 67/76 bpm

Andante (en marchant) : 80/110 bpm

Moderato (modérément) : 110/120 bpm

Allegro (rapide) : 120/160 bpm

Vivace (vif) : 140/160 bpm

Presto (très rapide) : > 160 bpm

Oui, vous avez bien vu que ça se chevauche, ce n’est pas une erreur. Les termes appellent à des interprétations plus qu’à un tempo précis. D’un métronome à l’autre vous aurez des indications différentes. Dans ce cas, travaillez à une vitesse confortable pour vous dans l’intervalle qui vous est offert.

Le métronome : comment choisir ?

Mécanique, électronique, site internet ou application, il y a de nombreuses manières d’avoir un métronome de nos jours.

Le mécanique : avec un style certain, le métronome mécanique a beaucoup de charme. Il vous faudra le remonter avant de jouer, donc plus de pile à changer. Par contre il n’est pas d’une très grande précision et peut, comme toute horlogerie, se dérégler.

L’électronique : à tous les prix, de toutes les formes et les couleurs, il y en aura forcément un qui vous plaira. Plus précis que le métronome mécanique, on peut aussi en régler le son. Aussi il permet d’appuyer les temps forts de la mesure, ce qui donne un repère supplémentaire. Enfin, il est aussi plus facilement transportable car moins fragile que le métronome mécanique.

Les applications : de nos jours tout peut se transformer en métronome. Votre ordinateur avec de nombreux sites, votre portable ou tablette grâce aux applications. Imitant le mécanique, avec un accordeur, permettant d’appuyer ou non les temps forts, tout le monde s’y retrouve. Il a l’avantage certain d’être toujours dans votre poche (vous oublierez plus facilement vos clefs que votre smartphone !). Pour ma part, j’en ai essayé plusieurs et me suis arrêtée sur celui de keuwlsoft.

Le métronome vous fait peur, vous n’osez pas en acheter ? Lancez-vous ! Vert à paillettes, mécanique, rustique ou votre smartphone : il y en a pour tous les goûts.

Rassurez-vous, c’est en forgeant qu’on devient forgeron, alors il n’y a pas de raison pour que vous ne réussissiez pas à suivre votre métronome.

Musicalement

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