Biographie,  Culture musicale

Ces musiciens qui nous font

Au fil des années nous nous forgeons notre idée de la musique, nos goûts et nos manières de faire. Certains se sentiront à l’aise dans l’improvisation, d’autres joueront toujours avec une partition, se perfectionneront sur un instrument ou en essayeront plusieurs…

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière d’être musicien. La seule chose primordiale à mon sens et d’aimer ce que l’on fait.

Ce qui est sûr, c’est que nous ne formons pas seul, que nous ne nous réveillons pas un matin en nous disant “C’est ça que je veux faire !” Nous découvrons, notamment grâce aux musiciens qui nous ont précédés.

Aujourd’hui je voudrais commencer avec vous une nouvelle série d’articles pour vous présenter les musiciens qui m’ont amenée à ce que je suis maintenant. Et pour commencer, rien de mieux que de vous parler de celui sans qui je ne serais pas là (si si, je vous le jure !).

Assez de mystère, cliquez pour voir la suite.

Gilles Servat : qui est-ce ?

Né à Tarbes le 1er février 1945, Gilles Servat est un chanteur amoureux de la Bretagne. Avant de se tourner vers la musique, il entre aux Beaux Arts d’Angers. L’élitisme de cette formation et les révoltes de 68 l’améneront à arrêter ses études, alors qu’il est accepté aux Beaux Arts de Paris.

De retour en Bretagne, il tombe sur le charme de la langue bretonne et s’insurge du sort qui lui ai réservé. Lui veut la faire perdurer et la chanter, alors il l’apprend et commence à la chanter avec Me zo ganet e kreiz ermor (Je suis né au milieu de l’océan), écrit par Yann-Ber Kalloc’h et mis en musique par Jeffe Le Penven.

Gilles Servat va commencer sa carrière en chantant dans un restaurant. Il y sera entendu par Glenmor, auteur-compositeur-interprète à l’origine du renouveau de la culture bretonne. Ce dernier le fera chanter le soir même. La même année il fait la première partie de Léo Ferré.

Maintenant reconnu, il a débuté à Paris en 1969 en faisant la manche dans un restaurant breton de la capitale. C’est là qu’il a chanté La Blanche hermine, qui deviendra disque d’or.

Gilles Servat : un artiste multi-facettes.

Connu principalement pour ses chansons, Gilles Servat est un artiste pluridisciplinaire. En effet, en 1973 il joue son propre rôle dans Lo Païs, ou encore le rôle principal du film La Folle de Toujane ou comment on devient un ennemi de l’intérieur de René Vautier, qui recevra le Prix des Peuples.

Aussi, il se met au théâtre dans les années 80, notamment dans Les chevaliers de la table ronde, légende arthurienne mythique de la Bretagne.

À cela s’ajoute une carrière d’écrivain. Déjà auteur de chansons, notamment pour les Tri Yann, La naissance d’Arcturus, son premier roman, paraît en 1986. Aujourd’hui il est complété par six autres tomes et devient Les chroniques d’Arcturus.

Gilles Servat : un artiste engagé.

Dès le commencement de sa carrière, c’est son engagement qui le pousse vers la chanson. Comme nous l’avons dit précédemment, c’est dans le but de faire perdurer la culture bretonne qu’il commence à chanter. Il dénonce le mépris des gens “d’en-haut” à travers ses chansons, comme dans Les Bretons typiques :

Notre bonne vieille république
Jalouse des Américains
À fait du parc d’Armorique
Une réserve d’Armoricains.

Aussi Gilles Servat participe à de nombreux galas de soutien, pour les ouvriers du Joint Français, à Tahiti pour les bretons expatriés qui souhaitte faire participer une pirogue au rassemblement des voiliers ou encore contre la marée noire du Prestige. Encore une fois, ses chansons sont le vecteur de ses idées :

Souillés les rivages de l’enfance
Souillés les amours de vacances
Souillé le sable des mémoires
Sali le travail des presqu’îles
Et la réputation des îles
Salie la lumière des grands phares.

Erika, Erika

Gilles Servat : pourquoi lui ?

Je vous l’ai dit dans l’intro : sans lui je ne serais pas là. Pourquoi ? Car c’est le premier artiste que mes parents sont allés voir ensemble, celui qui leur a montré qu’ils seraient heureux à deux. La vie ne tient pas à grand chose !

Mais ce n’est pas pour cela que je l’ai choisi. Ces chansons ont bercé mon enfance. Il faut imaginer mon père en train de chanter dans la voiture (c’est un vrai jukebox !). Mon père chante tout le temps, il est capable de tenir des heures sans chanter deux fois la même chanson (on a fait le pari sur un trajet de 2h30 et on a perdu !).

Pour moi, c’est avant tout les chansons de mon père, j’entends encore sa voix quand je lis les paroles de L’Hirondelle :

Mon beau pays par l’hiver soumis
Quand reverrons-nous L’hirondelle
Noire et blanche, noire et blanche
Quand reverrons-nous L’hirondelle
Blanche au ventre et noire aux ailes

C’est fou ce que les musiques de notre enfance peuvent nous marquer, et comme le dit Gilles Servat :

Chantez la vie, l’amour et la mort
Les saisons, les rêves, le travail et la grève
Aux champs, à l’usine, chantez vos efforts
La chanson peut tout dire, le meilleur, le pire.

Chanter la vie, l’amour et la mort

Et vous, quel artiste vous a marqué ? Par qui commenceriez-vous si vous ne deviez en dire qu’un ?

Je vous laisserez aujourd’hui en musique, pour l’une des plus belles chansons :

Musicalement

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