Cinéma,  Piano

Au bout des doigts : quand cinéma et musique se mélangent.

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui nous parlerons de cinéma. Pas de panique, ne partez pas ! Le film que je voudrais vous présenter parle de musique. Une histoire simple et belle comme on les aime (en tout cas moi !) et un bon moment passé à rêver loin du froid du moment.

Si vous ne suivez pas les actualités du cinéma, pas de panique. Et si je vous donne envie d’aller le voir, il est encore à l’affiche alors profitez-en.

D’accord, mais c’est quoi comme film alors ! ? Je vous présente Au bout des doigts.

Au bout des doigts il y a le clavier

Mathieu Malinski est un jeune homme de banlieue passionné par le piano depuis qu’il est enfant. Un de ses voisins lui a appris à en jouer et il continue seul à la gare du Nord à Paris. C’est là que le repère le directeur de la section musique du conservatoire national supérieur de Paris, Pierre Geitner. Pour lui éviter de faire de la prison après un cambriolage raté, celui-ci va lui proposer de faire des travaux d’intérêt général au sein du conservatoire. Convaincu du talent du jeune homme, il va lui permettre de suivre des cours avec l’une de ses plus exigeantes professeures.

Avec Jules Benchetrit dans le rôle du jeune Mathieu Malinski et Lambert Wilson comme directeur, ce film français réalisé par Ludovic Bernard nous offre un conte moderne où le royaume est le monde de la musique.

Et ça donne quoi ?

“Un film qui adoucit les moeurs” pour femme actuelle, “Une histoire simple et cousue de fil blanc à laquelle la musique classique apporte un supplément d’âme assez bienvenu.” pour la voix du Nord ou encore “Une success story sur une réinsertion réussie, pour les amoureux de Rachmaninov et de feel-good movie” pour Voici.

Pour moi, un film rafraîchissant qui permet de s’évader. Bien qu’on sache du début comment cela finira, les acteurs nous font entrer dans l’histoire de ce jeune réticent à l’idée de prendre le risque de ne pas réussir.

Pourquoi aller voir Au bout des doigts ?

Pour la musique principalement. En effet, l’intrigue ne casse pas trois pattes à un canard boiteux et les ficelles sont énormes. Mais la musique est tout bonnement magnifique.

Dès le début avec le Prélude et fugue No 2 en do mineur de Bach, nous sommes transportés dans un autre univers. Le décalage entre l’agitation de la gare et la concentration du jeune homme rend la scène comme hors du temps. On voudrait être à sa place, cette capacité à ne voir que son piano, de n’entendre que sa musique et de laisser tout le reste là, simplement.

Ensuite il y a le Concerto pour piano No. 2 en Do mineur de Sergei Rachmaninov. On entre dans un autre monde. Vient l’ardeur du travail. Et surtout, comment faire quand on a passé sa vie à apprendre seul pour suivre un enseignement aussi rigoureux. La professeure de piano, jouée par Kristin Scott Thomas, représente l’exigence de la musique à haut niveau. Pas le droit à la négligence ou à l’à-peu-près.

La musique : une question de classe sociale ?

Le rap pour la banlieue, le classique pour les bourgeois. On découvre bien vite dans le film un ségrégation entre les deux mondes. Mathieu vient des quartiers pauvres. Il est face au mépris des dirigeants du conservatoire parce qu’il n’est pas de leur monde. Mais quand ses amis découvrent qu’il veut faire du piano classique, là encore il subit les railleries. La musique serait-elle sectaire ?

D’emblée je voudrais croire que non. Pourquoi on ne pourrait pas avoir accès à toutes les musiques d’où qu’on vienne ? Je fais partie de ces gens qui ont des goûts musicaux très éclectiques. Si on regardait les musiques de mon ordinateur on irait de la bande originale de Alice au pays des merveilles écrite par Danny Elfman à l’intégrale de Michael Jackson, en passant par Charlie Winston, Gilles Servat, de la musique celtique ou encore du klezmer… Alors pourquoi vouloir mettre des bornes à la musique ?

Parce qu’elle est question d’identité ? Peut-être nous représente-t-elle en tant que groupe. Comme d’innombrables hymnes à nos origines, un moyen de revendiquer d’où l’on vient. Mais alors serait-ce les gens comme moi qui seraient des musiciens du voyage, incapable de se contenter d’un genre particulier, toujours pousser à butiner et découvrir de-ci de-là de nouveaux horizons à travers de nouvelles musiques ?

Que vous aimiez flâner, que la musique classique ou que vous n’ayez pas d’affinité particulière, je vous conseille fortement d’aller voir Au bout des doigts.

Vous l’avez déjà vu ? Êtes-vous d’accord avec moi ? Qu’avez-vous aimé ou moins aimé ? Partagez votre avis en commentaire.

Musicalement

Partager l'article
  • 7
  •  
  •  
  •  
    7
    Partages
  •  
    7
    Partages
  • 7
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *